Allocution de M. Edouard FRITCH, Vice-président, lors de l'ouverture du colloque sur la Validation des Acquis en Polynésie française.
04/09/2003



Madame et Monsieur les Députés,
Madame la Présidente de l'Assemblée de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Conseillers de l’Assemblée de la Polynésie Française,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdames et Messieurs les Présidents de syndicats d’employeurs,
Mesdames et Messieurs les Secrétaires généraux des Fédérations de syndicats de salariés,
Madame la Présidente de l’Université de la Polynésie française,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Mes premiers mots seront à l'adresse des personnes qui ont permis qu’un colloque sur la validation des acquis puisse se tenir dans notre pays.

Tout d’abord, je voudrais remercier les partenaires sociaux.

C’est parce qu’ils ont manifesté un vif intérêt sur le thème de la validation des acquis que nous sommes rassemblés aujourd’hui. Sans cet intérêt et leur adhésion à la tenue de ce colloque, mon ministère et l’Université n’auraient eu aucune raison de lancer et d’organiser cette opération. Aussi, je tiens à souligner les efforts du Conseil des Employeurs, de la CGPME, de la CSTP/FO et de A Tia I Mua. Tous leurs représentants nous ont activement aidé à préparer ce colloque, et je les en remercie vivement.

Je voudrais ensuite remercier nos institutions de l’Education nationale, la Direction de l’enseignement secondaire, le Vice rectorat et l’Université de la Polynésie française pour l’intérêt spontané qu’ils ont bien voulu manifester envers le colloque. A cet égard, je veux également souligner la présence de nos deux experts venus tout spécialement de métropole : Madame CHARRAUD et Monsieur ARIBAUD. Ils vont tenter de nous éclairer et de partager avec nous des tranches d’expérience vécues ailleurs en matière de validation des acquis.

Enfin, je voudrais remercier le SEFI, le cabinet "IK Consultant" et notre partenaire de ce colloque, l’Université de la Polynésie française, qui ont tous consciencieusement fait en sorte que tout soit prêt aujourd’hui.

Pour en terminer avec les remerciements, j'adresse mes salutations très chaleureuses à l'ensemble du public venu entendre et participer à la réflexion qui va s'ouvrir, car c’est le signe fort de l’intérêt porté par notre population au thème qui nous rassemble aujourd’hui.

Mes chers amis, cette rencontre, je vous l’avais promise, l’année dernière, lors de la clôture des "Assises de l’emploi et de la formation professionnelle". Elle se doit donc d'être comprise comme le prolongement très concret de l’une des attentes fortes formulées par la majorité des partenaires sociaux au terme de ces assises.

En substance, je vous avais dit : « qu’il est en effet nécessaire que nous sachions construire un système permettant de mieux reconnaître l’expérience afin de permettre à tout un chacun d’être en situation de reprendre des études tout au long de sa vie, comme d’être justement récompensé pour des savoirs acquis sur le tas ».

Ainsi, compte-tenu de cet engagement publiquement déclaré, mes collaborateurs et l’Université ont entamé avec les partenaires sociaux, depuis le début de l’année 2003, une démarche progressive qui a abouti à ce projet de colloque. De nombreuses réunions de concertation ont été organisées ; elles ont toutes permis de constater le grand intérêt manifesté par l’ensemble des partenaires et leur adhésion à la tenue d’un tel colloque.

Les objectifs du colloque

Ce colloque poursuit trois objectifs qui me tiennent à cœur.


Il vise d'abord à promouvoir toutes les formes de formation professionnelle, sachant que cette activité est le meilleur gage d’insertion dans le milieu du travail.

Ensuite, ce colloque a pour ambition de favoriser et de prolonger le dialogue social qui s’est noué lors des "Assises de l’emploi et de la formation professionnelle". Ce dialogue doit nous permettre de dégager des solutions concrètes ouvrant la possibilité à certains travailleurs de se faire reconnaître les acquis de leur expérience.

Enfin, cette rencontre doit nous aider à sensibiliser l’ensemble des travailleurs salariés et patentés sur le thème qui nous rassemble. Ainsi, notre colloque permettra d’introduire ce nouveau sujet sur la place publique et d'informer les acteurs économiques et sociaux sur les opportunités offertes aux travailleurs par ce dispositif.
"La validation des acquis :
une incitation à compléter son expérience par une formation"

Dans ce discours, je ne vais pas définir ce qu’est la validation des acquis, vous aurez en effet toute la matinée pour le faire et près d’une dizaine d’intervenants s’exprimeront mieux que moi sur le sujet.

En revanche, je voudrais profiter de cette occasion pour corriger toutes celles et tous ceux qui pourraient croire, comme j’ai pu déjà l’entendre, que la validation des acquis, c’est la simple reconnaissance de leur expérience professionnelle pour obtenir un reclassement professionnel.

La validation des acquis, ce n’est pas que cela, c'est plus encore. Le reclassement professionnel par la valorisation de son expérience s’appelle l’ancienneté. La validation des acquis, c’est avant tout une incitation à compléter son expérience professionnelle par un surcroît de formation, le tout se trouvant sanctionné par un titre reconnu au plan national.

Cette formation, bien entendu, conduit à une élévation des compétences. Elle peut dès lors aboutir à une prise accrue de responsabilité professionnelle au sein de l’entreprise, avec pour conséquence l’obtention d’une meilleure rémunération qui soit directement liée à cette nouvelle position professionnelle. Ainsi comprise, la majoration de rémunération n'est que la juste récompense de l’effort à vouloir se former et à vouloir progresser dans sa carrière.

Tous les points de vue pourront s'exprimer

C’est pourquoi, je formule le vœu que les diverses communications qui se suivront sauront vulgariser ce nouveau sujet et qu'elles donneront à tous une idée claire sur son contenu, sur les contraintes, les opportunités et les bénéfices qu'une telle mesure est susceptible d'apporter.

Ainsi, au cours de cette matinée, nous aurons la chance d’écouter deux groupes d’intervenants.

Le premier groupe sera celui des bénéficiaires de la validation des acquis : ce sont les syndicats de salariés et d’employeurs. Vos points de vue seront déterminants car vous nous direz si la mise en place d’un tel dispositif de validation des acquis suscite bien un réel intérêt chez les travailleurs et les entreprises et doit, de ce fait, être concrétisé.

Le second groupe sera celui des praticiens de la formation ; ils nous diront comment la validation des acquis pourrait s’appliquer et fonctionner localement, et dans quelles conditions.

Ce sera, j’en suis persuadé, une journée instructive pour toutes et tous.

Je veux croire que ce colloque fera naître des espoirs dans la tête de tous ceux et de toutes celles qui aspirent à progresser dans leur développement personnel, mais également professionnel.

La formation, priorité gouvernementale

Cette aspiration à vouloir s’élever et à hisser nos concitoyens vers le haut, fait partie intégrante de la stratégie de développement durable que le Gouvernement s’applique à réaliser pour garantir le progrès de tous et pour tous.

Pour cette année 2003, le Ministère de l’emploi et de la formation professionnelle, à travers les moyens donnés au SEFI et du CFPA, devrait consacrer 1,2 milliards FCP à la formation des adultes, contre 900 millions FCP en 2002, soit une augmentation de 33 % de nos moyens d’action. Ils nous permettront de lancer plus de 180 actions de formation et de former plus de 3 000 personnes, principalement dans les secteurs du tourisme, du bâtiment, de l’industrie et des entreprises, de la mer, et du tertiaire.

Notre action s’inscrit dans un certain nombre d’orientations politiques, que je voudrais partager avec vous.

Réussir par le travail est une valeur cardinale, fondatrice d’une société moderne. Se former, c’est se donner les moyens de garantir la pérennité de cette société et son développement. Se former, c’est porter des valeurs de promotion sociale, de réussite personnelle à faire partager par le corps social dans son ensemble. Enfin, se former, c'est faire le choix de ne pas se contenter de ses acquis et de vouloir élargir ses chances.





Les grands mérites de la formation professionnelle

En matière de formation, trois convictions m’animent.

La première est de considérer qu'enrichir la formation professionnelle, c'est établir un lien solide entre le monde de l’entreprise et celui de la qualification professionnelle. Faire cela, c'est assurer un emploi à nos compatriotes, un emploi qualifié ouvrant de nouvelles perspectives de développement.

C'est pourquoi, j'ai placé le demandeur d’emploi et le travailleur au centre de la formation professionnelle, car mon souci est de mettre l’emploi en perspective permanente des actions de mon ministère, si ce n'est du Gouvernement tout entier.

L'autre conviction qui est la mienne est de penser que la garantie du développement de notre pays dépend intimement de la qualité des hommes et des femmes qui le composent. J'ai en effet conscience qu’un réel développement ne peut être assis que sur une population formée pour accompagner le progrès de notre pays. Ceci exige que notre formation professionnelle corresponde bien aux besoins des postes, emplois et méthodes de travail de toutes les sphères de la vie privée et publique ; c'est le gage d'une formation de qualité.

Ma troisième conviction est de considérer que pour réussir, nous devons nous rassembler et faire converger toutes nos forces. L'objectif que nous devons partager est de faire en sorte que chacun apporte sa contribution à l'édifice. Seul, je ne pourrais agir sans véritable réalisme ; en associant toutes les parties concernées, je serais mieux en mesure d'impulser concrètement une véritable spécialisation de la formation professionnelle, alors ajustée aux réalités du moment.


Les missions imparties à la formation professionnelle

Dans cet esprit, la formation professionnelle doit assurer trois missions essentielles pour notre société et notre économie :

§ la première est de développer les attitudes, les connaissances et les compétences nécessaires pour l’exercice d’un emploi ; elle doit permettre aux jeunes actifs, et aux moins jeunes, de s'adapter à l'évolution des "techniques" et aux nouveaux métiers ;

§ la seconde répond à un objectif de promotion sociale et doit favoriser le déroulement des carrières des personnes qui expriment naturellement le souhait de progresser dans leur vie professionnelle ;

§ enfin, la troisième mission assurée par la formation professionnelle répond à la nécessité d’une formation permanente et continue.

Les éléments constitutifs de la politique ministérielle

Ces missions, à caractère transversal, viennent encadrer l’action que je mène en matière de formation professionnelle.

Je veux en premier lieu l'impulser pour correspondre aux axes de développement de notre pays.

En second lieu, je souhaite qu'elle corresponde aux besoins des entreprises. Pour cela, j'appelle à un véritable partenariat entre les pouvoirs publics et les acteurs socio-économiques.

En troisième lieu, il importe que tous les Polynésiens, demandeurs d’emploi ou travailleurs, lorsqu’ils le souhaitent, puissent avoir accès à un dispositif de formation adapté à sa situation.

En quatrième lieu, nos dispositifs de formation doivent intégrer les évolutions technologiques et les nouveaux métiers qu'elles induisent.

En dernier lieu, nous devons prendre en compte la dispersion géographique de notre pays, car nous devons répondre au mieux aux besoins de compétences de chaque archipel. Ainsi, nous permettrons une égalité d’accès aux formations à l’ensemble de nos populations, quelque soit le lieu de leur résidence. C'est pourquoi je soutiendrai les projets et les structures qui apporteront une offre de formation adaptée aux différents bassins d’emploi de la Polynésie.

Former, une œuvre fondamentale, permanente et collective

En conclusion, Mesdames et Messieurs, je reste convaincu que le développement durable de notre pays passe par le développement humain, et en particulier par la formation des Polynésiennes et des Polynésiens.

J’ai foi en les hommes et les femmes de ce Pays, qui aspirent à se former et à contribuer, d’une part, à la construction du Pays et, d’autre part, à leur développement personnel.

C’est un élément de cohésion et de paix sociales.

Les adaptations auxquelles nous devons, tous ensemble, apporter des solutions doivent non seulement répondre aux besoins du présent mais aussi préparer et anticiper l’avenir.

C'est un noble devoir, c'est une responsabilité éminente que nous avons en partage.

Nous avons encore, et j’en suis conscient, beaucoup de chemin et de travail à réaliser.

Former doit être notre œuvre permanente et collective.
Je vous souhaite donc un bon colloque et vous remercie de votre attention.


 

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