• EDT: "une réelle volonté d'embaucher local"
28/09/2005



L'Electricité de Tahiti, qui fait partie du groupe Suez, a pour compétence la production et la distribution d'électricité depuis les années soixante. Elle regroupe trois autres entreprises, Marama Nui qui s'occupe de la production hydro électrique, Electra qui à la gestion des contrats passés avec EDT pour la fourniture de l'électricité dans les îles en dehors de Tahiti, et IEE Informatique.

Au total cela représente 430 employés. Globalement, EDT recrute 15 à 20 personnes par an et ce pour pallier les départs à la retraite, car comme le déclare Christian Lekieffre, directeur général, "on est si bien à l'EDT que quasiment jamais personne ne démissionne !".

L'EDT propose une large palette de métiers. Pour les centrales thermiques et hydro électriques, l'EDT emploie des mécaniciens de différents niveaux CAP, BAC, BTS et des ingénieurs.

A la sortie de ses unités de productions, des électriciens sont chargés de l'installation, de la gestion et de l'entretien du réseau, puis des informaticiens techniciens en automatisme, et enfin, comme toute grande société, des commerciaux et des agents administratifs.

"Le recrutement local d'ingénieurs pose un problème"

Se targuant de n'employer que trois expatriés, "ici on a une réelle volonté d'embaucher local", Christian Lekieffre, déplore toutefois que "le recrutement local d'ingénieurs ou de spécialistes pose un problème".

Partant de ce constat, EDT, il y a 4 ans, décide d'organiser un concours interne à destination de tous ses salariés possédant un BTS, afin de les envoyer en métropole suivre des études d'ingénieurs sur trois ans. Les candidats, une dizaine, se devaient de suivre au préalable une remise à niveau en cours du soir à l'université de Polynésie. Une fois obtenu le feu vert de l'université, quatre d'entre eux sont partis en France suivre le cursus. Trois ont réussi.

"Ce sont trois popa'a", déclare Christian Lekieffre, "on a raté l'objectif initial qui était de promouvoir des polynésiens de souche possédant le BTS. Alors qu'il y a dix ans, lors de la première opération de ce type, trois BTS polynésiens sont devenus ingénieurs".

"La palette d'embauche est plus importante en France"

L'autre difficulté de recruter des ingénieurs polynésiens vient du fait que les étudiants désirant exercer cette profession doivent quitter le territoire pour suivre leurs études. Une fois l'obtention du diplôme, ceux-ci hésitent à revenir sur Tahiti car d'après le directeur de l'EDT, "Les perspectives d'évolution sont plus variés en France et la palette d'embauche est beaucoup plus importante". "Mettez vous à la place du jeune qui vient d'avoir son diplôme. S'il revient à Tahiti, il a certes une chance de se faire embaucher chez nous, mais il a aussi de fortes chances de ne connaître qu'une société de toute sa vie, l'offre n'étant pas énorme localement. Je peux comprendre que cela rebute un jeune qui a envie de bouger et de se remettre en question".

"Difficile de créer de nouvelles filières"

Christian Lekieffre, reconnaît que le problème est délicat " On ne peut pas sans arrêt créer de nouvelles filières sur le Territoire, il y a peu de débouché, en gros 10 personnes trouveront un emploi, c'est un problème d'échelle".

Outre le manque d'ingénieurs, les techniciens de niveau BTS et les agents de maîtrise sont aussi une denrée rare, cependant, l'EDT n'a aucune difficulté à trouver des employés de niveau CAP ou BEP.

Evolutions et avantages d'appartenir à un grand groupe

Les perspectives d'évolution au sein d'EDT et de ses filiales sont plutôt engageantes. "Nous avons actuellement un directeur de production qui est rentré à l'EDT avec un CAP de mécano en poche", souligne Christian Lekieffre qui reprend, " l'avantage de faire partie d'un grand groupe comme Suez, fait que si vous n'êtes pas effrayé à l'idée de vous expatrier et de courir le monde, vous avez des perspectives d'évolution internationale. Suez recrute des gens pour travailler au Brésil, en Afrique, en Asie et dans bien d'autres pays".

Toutefois, le directeur de l'EDT regrette que les polynésiens, en général, rechignent à quitter leur pays pour tenter l'aventure professionnelle.

"Ceci ne favorise pas l'émulation en général. Le manque de concurrence entraîne un engourdissement et très peu de cadres se remettent en question et préfèrent se diriger vers l'Administration. Si l'on veut développer le tissu économique et social de la Polynésie et être compétitif par rapport aux pays qui nous entourent, ce n'est pas avec des fonctionnaires que l'on y arrivera… "



 

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